Ghostfolio : pourquoi j’ai quitté Finary pour un tracker de patrimoine selfhosté
Voici mon retour après trois mois d’utilisation de Ghostfolio en selfhost sur mon VPS Hostinger, en remplacement de Finary.
Pour la petite histoire
Ghostfolio est un projet open source suisse édité par Ghostfolio GmbH, lancé par Thomas Kaul. Le code est sous licence AGPLv3, la stack tourne sur Angular côté front, NestJS + PostgreSQL + Redis côté back, avec des images Docker officielles pour amd64, arm64 et armv7.
L’app se positionne comme une alternative open source aux agrégateurs de patrimoine classiques. Pas besoin de me faire un dessin : Ghostfolio cite explicitement Finary comme référence à remplacer sur son propre site. Le message est assumé.
Le projet propose deux chemins : une offre Premium cloud (ils hébergent pour vous, avec un vrai data provider pro derrière) ou le selfhost pur. Je suis parti sur le selfhost, évidemment.
Pourquoi j’ai lâché Finary
Soyons francs : Finary est un beau produit. L’UX est soignée, l’agrégation bancaire via Powens fonctionne sur le papier, le positionnement est clair. Pour qui veut une vue consolidée sans se poser de questions, c’est pertinent.
Sauf que ces derniers mois, j’ai vu s’accumuler les bugs. Connexions bancaires qui sautent, valorisations qui partent en vrille, synchros crypto capricieuses. Rien de dramatique pris isolément, mais à force, on se demande à quoi sert de payer pour une vue consolidée si cette vue n’est pas fiable.
En parallèle, je me suis posé une question que je repoussais depuis un moment : est-ce que je fais confiance à un tiers pour centraliser la photographie complète de mon patrimoine ?
À ce moment-là, j’ai tranché. Mes données de patrimoine, je les garde chez moi.
Ce que Ghostfolio change concrètement
Pourquoi Ghostfolio plutôt qu’un Wealthfolio, un Portfolio Performance ou un simple Google Sheets ? Parce que c’est le seul qui coche toutes mes cases : projet open source mature, licence AGPLv3, déploiement Docker propre, et une interface web qui ne fait pas honte quand on arrive de Finary.
La bascule a été propre. Ghostfolio tourne sur mon VPS Hostinger, exposé uniquement via Tailscale. Aucun port ouvert sur Internet, aucune interface publique. Mon patrimoine est accessible depuis mes devices autorisés, point. Si vous n’êtes pas familier avec ce type de setup, j’en parle en détail dans mon article sur Tailscale.
Côté features, l’app tient la route pour mon usage :
- Suivi des actions, ETF et cryptos dans une même interface, avec multi-comptes et multi-devises
- ROAI (Return on Average Investment) sur plusieurs horizons : Today, WTD, MTD, YTD, 1Y, 5Y, Max
- Analyse d’allocation par classe d’actifs, secteur, zone géographique
- API REST avec bearer token si vous voulez automatiser
- PWA correcte sur mobile
J’utilise Yahoo Finance comme data provider gratuit. C’est largement suffisant pour ce que je track. Si je devais monter en volume ou en exigence sur la qualité de la donnée, je prendrais Ghostfolio Premium, mais on n’y est pas.
Mon quotidien avec Ghostfolio
Honnêtement, trois mois plus tard, je n’ai rencontré aucune friction majeure. Ce qui aide, c’est que je ne suis pas un trader. Je fais peu d’achats, plutôt des positions significatives sur stocks, ETF et cryptos que je garde. La saisie manuelle ne me pèse pas : c’est quelques entrées par mois, pas un flux continu.
La vue que je consulte le plus souvent, c’est l’allocation par classe d’actifs. Un coup d’œil me dit si je dérive trop d’un côté et si un rééquilibrage commence à se justifier. C’est le genre d’info que j’allais chercher dans Finary, sauf qu’ici elle est juste, tout le temps.
Pour quelqu’un qui multiplie les transactions au quotidien, la question se pose différemment. L’import CSV existe, l’API aussi, mais vous n’aurez pas l’agrégation bancaire automatique style Finary.
Ce qu’il faut accepter en échange
Soyons clairs sur les contreparties, parce que Ghostfolio n’est pas Finary en gratuit :
- Pas d’agrégation bancaire native. Pas de Powens, pas de synchro automatique avec votre banque. Vous saisissez ou vous importez.
- Pas de fiscalité intégrée. Rien sur la TOB, rien sur la taxe Reynders, rien sur les plus-values belges ou françaises. À gérer à côté, ou à déléguer à un service comme Curvo pour la partie investissement.
- Vous êtes l’admin. Backups, updates, monitoring : c’est vous. Un VPS à quelques euros par mois, c’est trivial, mais c’est une responsabilité en plus.
- Data provider gratuit = data provider gratuit. Yahoo Finance fait le job pour les actifs mainstream. Sur des trucs plus exotiques, Ghostfolio Premium devient pertinent.
Certains diront que Finary Plus reste plus confortable pour un profil non-technique, et ils n’auront pas tort. L’agrégation bancaire, le conseiller, l’interface polie, ça a une valeur réelle. Personnellement, la contrepartie privacy + contrôle total me convient largement. Je préfère saisir mes positions à la main que de dépendre d’une app dont je n’ai plus la maîtrise.
Verdict
Ghostfolio n’est pas pour tout le monde, et c’est très bien comme ça. Si l’idée de gérer votre propre instance vous rebute, restez sur du SaaS, c’est cohérent. Mais si vous avez déjà un VPS ou un NAS qui tourne, si vous utilisez Tailscale ou équivalent pour vos services internes, Ghostfolio mérite sérieusement le détour.
Pour moi, c’est le bon compromis : une vraie vue consolidée de mon patrimoine, des données qui ne quittent pas mon infra, et un projet open source suffisamment mature pour que je ne me réveille pas un matin avec un projet abandonné.
Vous êtes encore sur Finary ou vous avez aussi pris le large ? Partagez votre setup en commentaire. D’ailleurs, si vous voulez tester un autre service en ligne, Antoine a testé Gustav, une autre solution en ligne type finary il y a quelques jours.

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