Curvo avis : pourquoi j’ai choisi cette app pour investir pour mes enfants
Quand on parle d’épargne pour ses enfants, on pense livret bancaire, assurance-vie, ou au mieux un plan d’épargne-pension. De mon côté, je voulais autre chose : un truc simple, automatisé, et qui rapporte plus que les 0,5 % d’un compte épargne classique. Après avoir comparé plusieurs plateformes, j’ai opté pour Curvo. Voici mon retour après 8 mois d’utilisation.
Pour la petite histoire
Curvo est une startup belge basée à Charleroi, cofondée par Yoran Brondsema (qui a d’ailleurs coécrit un bouquin sur l’investissement passif, De hangmatbelegger). L’idée de départ : rendre l’investissement en ETF accessible à ceux qui ne veulent pas passer leurs soirées à comparer des ISIN sur justETF. Vous répondez à quelques questions, Curvo vous propose un portefeuille adapté, et tout roule en automatique.
Les fonds sont gérés par NNEK, une société d’investissement néerlandaise réglementée par l’AFM. Vos actifs sont détenus à votre nom et séparés de ceux de NNEK, avec une protection européenne jusqu’à 20 000 € par investisseur en cas d’insolvabilité. C’est moins que la garantie des dépôts bancaires (100 000 €), mais le mécanisme est fondamentalement différent : même si le gestionnaire fait faillite, vos parts ETF vous appartiennent toujours.
Pourquoi Curvo pour les enfants ?
Curvo ne permet pas d’ouvrir un compte directement au nom d’un enfant. Mais il permet de créer un portefeuille dédié à un objectif, type « Épargne enfants ». Concrètement, c’est un portefeuille séparé dans votre compte personnel, avec ses propres versements, ses propres performances et ses propres projections. Cela suffit largement pour suivre l’évolution de l’épargne.
J’ai mis en place un versement automatique de 50 € par mois. C’est accessible, ça se fait tout seul, et j’ai aussi pu ajouter ponctuellement de l’argent avec un simple virement quand le grand a reçu du cash pour son anniversaire.
Ce que ça donne après 8 mois
- Versements mensuels : 50 €
- Montant total versé : ~350 €
- Valeur du portefeuille (avril 2026) : ~340 €
- Projection à 18 ans (50 €/mois, 5 % de rendement annuel moyen) : ~14 000 €
Oui, le portefeuille est en léger recul. Tensions commerciales, marchés nerveux, correction généralisée. Rien de surprenant vu le contexte mondial. Personnellement, ça ne m’inquiète pas. Sur un horizon de 15+ ans, ces fluctuations font partie du jeu. Investir quand les marchés sont bas, c’est acheter plus de parts pour le même montant. C’est précisément ce que le versement automatique fait chaque mois sans que j’y pense.
Note : les performances passées ne garantissent pas les futures. Les rendements varient selon les marchés. Ceci n’est pas un conseil en investissement. Investir comporte des risques de perte totale ou partielle en capital.
Les fonctionnalités
Investissement passif via ETF
Curvo propose des portefeuilles basés sur des ETF indiciels, rééquilibrés automatiquement dès qu’un actif dévie de 5 % de sa cible. Pas besoin de surveiller quoi que ce soit. De quoi mettre son épargne en pilote automatique et passer à autre chose.
Frais transparents et dégressifs
Les frais annuels sont de 1 % des actifs sous gestion en dessous de 50 000 €. Au-delà, ça descend : 0,85 % entre 50 000 et 100 000 €, 0,70 % entre 100 000 et 250 000 €, et 0,60 % au-delà. Aucun frais de transaction, ni de retrait, ni de frais cachés.
Sur une épargne enfant à 50 €/mois, on reste longtemps dans la tranche à 1 %. C’est plus cher qu’un ETF VWCE acheté en direct (~0,22 % de TER), mais la contrepartie c’est que vous ne gérez rien. À vous de voir si la tranquillité vaut le différentiel. Notez aussi que les frais sont calculés par portefeuille et non sur le total de vos investissements, ce qui est un point à garder en tête si vous avez plusieurs portefeuilles.
Flexibilité
Portefeuilles multiples, versements ajustables, retraits sans frais. Si vos objectifs changent (achat immobilier, changement de profil de risque), quelques clics suffisent pour adapter la répartition. Le genre de souplesse qu’on attend en 2026.
La fiscalité belge, le vrai sujet
C’est probablement là que Curvo fait la vraie différence par rapport à un courtier classique. En Belgique, investir en ETF implique un mille-feuille de taxes que personne n’a envie de gérer soi-même.
La TOB (taxe sur les opérations de bourse) : 0,12 % à chaque achat et vente pour la plupart des ETF. Chez Curvo, c’est intégré et géré automatiquement.
La taxe Reynders : 30 % sur les plus-values liées à la partie obligataire d’un fonds. Curvo fournit les infos pour la déclarer, mais c’est à vous de le faire.
Grosse nouveauté 2026 : la Belgique a voté en avril une taxe de 10 % sur les plus-values des actifs financiers. Les premiers 10 000 € de gains par an restent exonérés. Pour une épargne enfant à 50 €/mois, cette exonération couvre largement les gains pendant des années. Et si le fisc considère que vous tradez de manière spéculative, le taux grimpe à 33 %. L’approche passive de Curvo joue clairement en votre faveur ici.
Chez un courtier étranger comme DEGIRO ou Trade Republic, c’est à vous de tout déclarer et de tout calculer. Chez Curvo, la majorité de cette gestion est automatisée. Pour quelqu’un qui veut juste mettre 50 € par mois sans y penser, ça change tout.
Et les alternatives ?
Trade Republic propose des frais très bas (1 € par transaction) et un compte épargne rémunéré à 2 %. Mais c’est un courtier étranger : vous devez déclarer le compte à la Banque nationale de Belgique et gérer vous-même toute la fiscalité belge. L’Union européenne a aussi interdit le « payment for order flow » (PFOF) en 2026, le modèle sur lequel Trade Republic s’appuyait pour proposer ces tarifs bas.
DEGIRO, c’est du 100 % do-it-yourself. Frais parmi les plus bas du marché (1 € sur leur sélection core d’ETF), mais vous choisissez vos ETF, vous gérez le rééquilibrage, vous calculez vos taxes. Si vous aimez avoir la main sur tout, c’est la bonne option.
Curvo, c’est l’inverse. Vous ne choisissez pas vos actifs individuellement, le portefeuille est construit pour vous. En échange, tout est géré : rééquilibrage, taxes (sauf Reynders), parts fractionnées. Personnellement, j’ai quand même une préférence pour choisir les actifs exacts dans lesquels je veux investir. Si Trade Republic lance un jour une offre d’épargne dédiée aux enfants en Belgique, je testerai. Mais pour le moment, la simplicité de Curvo l’emporte pour cet objectif précis.
Mon retour après 8 mois
Ce que j’apprécie au quotidien, c’est que je n’y pense pas. Le virement part, l’argent est investi, le portefeuille se rééquilibre. La création du compte s’est faite en 10 minutes avec ITSME, et depuis, je n’ai ouvert l’app que pour vérifier où en étaient les chiffres. C’est exactement ce que je cherchais.
Ce qui pourrait être mieux : les frais à 1 % restent élevés comparés au DIY, le choix individuel d’actifs n’existe pas, et la protection investisseur est plafonnée à 20 000 € (vs 100 000 € en banque). Ce ne sont pas des deal-breakers pour une épargne enfant à petit montant, mais il faut le savoir.
Curvo ne remplace pas un conseiller financier. Mais pour les parents qui veulent épargner pour leurs enfants sans se perdre dans la complexité de la fiscalité belge et du choix d’ETF, c’est une solution qui fait le job. Avec la nouvelle taxe sur les plus-values, le fait que Curvo gère une partie de l’administration fiscale est un argument de plus.
Si le fait de ne pas pouvoir choisir vos ETF individuellement ne vous dérange pas, foncez !
[IMAGE : capture d’écran du portefeuille Curvo avec la progression sur 8 mois]
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