HomeWizard Energy : comment j’ai arrêté de subir ma facture d’électricité
Avoir des panneaux solaires sur le toit, c’est bien. Savoir ce qu’ils produisent vraiment, et en profiter au bon moment, c’est autre chose. Pendant longtemps, j’ai produit de l’électricité sans vraiment savoir quand, combien, ni si mes appareils tournaient au bon moment. Voici mon retour après quelques mois avec le setup HomeWizard Energy.
Pour la petite histoire
HomeWizard est une entreprise néerlandaise qui s’est spécialisée dans le monitoring énergétique domestique. Leurs appareils s’appuient sur le port P1, le standard des compteurs intelligents aux Pays-Bas et en Belgique. L’idée est simple : lire les données de votre compteur en local, en temps réel, sans passer par le cloud de votre fournisseur d’énergie.
Le résultat, c’est une visibilité quasi instantanée sur ce qui se passe dans votre maison électriquement. Et quand on couple ça à la production solaire, les choses deviennent intéressantes.
Mon setup HomeWizard Energy : trois appareils, trois rôles
Mon installation tourne autour de trois produits HomeWizard.
Le P1 Meter se branche directement sur le port P1 du compteur numérique dans le tableau électrique. Il remonte la consommation globale de la maison en temps réel, mais aussi l’énergie injectée sur le réseau quand les panneaux produisent trop. De quoi avoir une vision complète du flux entrant et sortant, à la seconde près.
Le kWh Meter, lui, est placé sur le circuit des panneaux solaires. Il mesure précisément ce que la toiture produit à chaque instant. Combiné au P1 Meter, l’application peut calculer en direct ce que je consomme de ma propre production, et ce que j’achète encore au réseau.
Les Energy Sockets complètent le tableau. Ce sont des prises connectées qui mesurent la consommation de l’appareil branché dessus, et qu’on peut piloter automatiquement. C’est là que la magie opère.

Les tâches intelligentes : le vrai gain
L’application HomeWizard propose ce qu’elle appelle des «tâches intelligentes». Le principe : définir une condition (surplus solaire supérieur à X watts) et une action (allumer la prise). Sans écrire une ligne de code, sans Home Assistant, directement dans l’app.
Chez moi, le lave-linge, le lave-vaisselle et le chargeur de la voiture électrique sont branchés sur des Energy Sockets configurées en mode surplus solaire. Quand la production dépasse la consommation de base de la maison, les appareils se mettent en route automatiquement. Le lave-linge tourne quand le soleil brille, pas à 23h sur le tarif heures creuses.

Ce changement de logique est plus important qu’il n’y parait. On passe d’une optimisation par tarif (consommer quand c’est moins cher) à une optimisation par source (consommer ce qu’on produit soi-même). Ce n’est pas la même chose, et c’est nettement plus satisfaisant.
Home Assistant en complément
J’ai aussi intégré les appareils HomeWizard dans Home Assistant. L’intégration officielle est disponible nativement et remonte tous les capteurs automatiquement : production, consommation, injection réseau, consommation par prise.
Le dashboard Énergie de Home Assistant consolide tout ça en un seul écran. C’est visuellement plus complet que l’app HomeWizard, et ça permet de croiser les données avec d’autres capteurs de la maison.
Pour l’instant, mon usage de HA reste assez basique sur ce volet. Je n’ai pas encore poussé vers des automatisations avancées côté énergie, les tâches intelligentes de HomeWizard couvrent déjà l’essentiel. Mais la fondation est là pour aller plus loin, notamment vers la tarification dynamique si je passe un jour chez un fournisseur compatible.
Ce qui a changé concrètement
Le principal changement, c’est comportemental. Quand on voit en temps réel ce qu’on consomme et ce qu’on produit, on ajuste naturellement. On lance le lave-vaisselle quand l’app montre un surplus, on déplace un appareil énergivore en milieu de journée plutôt qu’en soirée.
Je ne vais pas inventer des chiffres que je n’ai pas précisément mesurés. Ce que je peux dire, c’est que ma courbe d’injection réseau a diminué et que mes appareils tournent de plus en plus sur ma propre production. Les graphiques le montrent clairement.
Les limites, honnêtement
Le setup n’est pas parfait. Les tâches intelligentes de l’app HomeWizard sont pratiques mais limitées en logique conditionnelle. Si vous voulez des scénarios complexes (allumer si surplus supérieur à 500W pendant 10 minutes consécutives), il faudra passer par Home Assistant.
Mon intégration HA sur l’énergie reste basique. C’est le prochain chantier, notamment pour explorer la compatibilité avec des fournisseurs à tarification horaire.
Et le potentiel est encore plus grand si vous avez un chauffe-eau électrique ou une pompe à chaleur à piloter. Avec une chaudière gaz à condensation comme la mienne, ce levier n’existe pas, mais le reste du setup garde tout son intérêt sur les appareils électriques du quotidien.
Une note pour les lecteurs français
Le port P1 utilisé par le P1 Meter HomeWizard est le standard néerlandais et belge. Le compteur Linky en France utilise une interface différente, appelée TIC, qui n’est pas compatible directement.
Il existe des alternatives pour les utilisateurs français. Antoine Guilbert a fait un excellent test du Lixee Zlinky, un module Zigbee qui se branche sur la prise TIC du Linky et remonte les données dans Home Assistant. C’est plus bricolage, mais le résultat est similaire.
Mon verdict
Si vous avez un compteur numérique en Belgique ou aux Pays-Bas et des panneaux solaires, le combo P1 Meter + kWh Meter + quelques Energy Sockets est probablement l’investissement domotique avec le meilleur rapport effort/résultat que j’ai fait.
La configuration est accessible à quelqu’un qui n’est pas développeur, les tâches intelligentes de l’app couvrent 80% des besoins sans toucher à Home Assistant, et la visibilité que ça apporte change durablement la façon dont on consomme.
Si l’idée de gérer des prises connectées et de regarder des courbes de production ne vous dérange pas, foncez.
Vous utilisez HomeWizard ou un setup similaire ? Partagez votre configuration en commentaire.
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