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Intelligence Artificielle

Comment Claude est devenu le centre de tout mon workflow

· 11 min de lecture
Comment Claude est devenu le centre de tout mon workflow

Je ne m’attendais pas à écrire cet article. Pas parce que je n’avais rien à dire, mais parce que la situation s’est installée si progressivement que je n’ai pas vu le moment où Claude est passé d’un outil parmi d’autres à quelque chose de central dans tout ce que je fais. Aujourd’hui, Claude gère mon blog, mon infrastructure serveur, et une bonne partie de mon quotidien numérique. Voici comment on en est arrivés là.

Au début, c’était du code et de l’IT

J’ai d’abord utilisé Claude pour ce qui me semblait le plus naturel : le technique. Du code, de la configuration serveur, des automatisations Home Assistant, du debug. Le genre de tâches où un assistant IA a une valeur ajoutée immédiate et mesurable. C’est avec Claude Code que j’ai commencé à vraiment pousser les limites, et ça a vite pris de l’ampleur.

La rédaction, c’est venu après. En tombant sur l’article de David, où il raconte comment Claude l’a aidé à relancer son blog, je me suis reconnu. Un blog en solo, des idées plein la tête mais pas assez de temps pour tout mettre en forme. Son approche m’a donné le déclic : si Claude pouvait gérer tout le technique de mon côté, pourquoi ne pas aussi l’utiliser pour m’aider à structurer et produire le contenu ? C’est là que tout a basculé. Ce qui n’était qu’un outil technique est devenu le centre de gravité de tout mon workflow, et ce blog qui dormait depuis des années a repris vie.

Claude Code a construit le thème du blog

Le thème que vous voyez sur juliendoclot.com, il a été développé entièrement avec Claude Code. Pas « avec de l’aide », développé. Je décrivais ce que je voulais, il écrivait le code, je testais, je donnais du feedback, il corrigeait. Le cycle habituel du développement, mais sans avoir à tout porter moi-même.

Ce qui m’a le plus surpris, c’est la cohérence sur la durée. Chaque modification s’intégrait dans ce qui existait déjà, sans casser le reste. Pour quelqu’un qui gère son blog en solo sans être développeur à temps plein, c’est une différence qui compte vraiment.

Le thème intègre aussi des modules que j’ai voulu développer pour me passer le plus possible d’extensions WordPress, sources de lenteurs et de failles de sécurité. La gestion SEO est directement dans le thème, avec des champs title tag et meta description sur chaque article. Et Claude Code a aussi intégré des tests automatiques de performance via Google PageSpeed : le site se surveille lui-même et me remonte les données directement. Moins d’extensions, moins de maintenance, plus de contrôle.

Et les résultats sont là. Voici les scores Google Lighthouse du blog, sur mobile et desktop :

Lighthouse
Desktop
Mars 2026
96
Performance
100
Accessibilité
92
Best Practices
100
SEO
FCP 1.1s
LCP 1.1s
TBT 0ms
CLS 0
SI 1.1s

Lighthouse
Mobile
Mars 2026
94
Performance
100
Accessibilité
92
Best Practices
100
SEO
FCP 1.8s
LCP 3.0s
TBT 0ms
CLS 0
SI 1.8s

Pour un WordPress self-hosted avec un thème custom et sans plugin de cache tiers, c’est le genre de score qu’on n’atteint pas par hasard. Cloudflare aide pour la mise en cache et la distribution, mais le gros du travail se passe en amont : c’est Claude Code qui a optimisé le thème, le rendu HTML, le chargement des assets et la configuration serveur pour arriver à ces chiffres.

Il gère toute mon infrastructure self-hosted

Mon serveur fait tourner pas mal de choses : le site WordPress, Umami pour les stats, n8n pour les automatisations, et plusieurs autres outils dans des conteneurs Docker. Toute cette infrastructure est gérée avec Claude Code.

L’installation, la configuration, les mises à jour, le diagnostic quand quelque chose cloche. Je décris le problème ou l’objectif, Claude Code s’occupe du reste sur le serveur. De quoi monter une stack complète que je n’aurais pas eu le temps de construire seul.

Claude Code a aussi rédigé toute la documentation de l’infrastructure. Chaque service a sa fiche avec le process d’installation, la configuration, les dépendances, les ports utilisés. Il a mis en place les scripts de backup automatiques et écrit un plan de reprise d’activité complet. Si demain mon serveur tombe, j’ai un document qui détaille étape par étape comment tout remonter depuis zéro. C’est le genre de chose qu’on repousse toujours quand on gère tout seul, et que Claude Code a fait de A à Z.

Et tout ça est accessible de façon sécurisée grâce à Tailscale. Avant, j’avais un port SSH exposé sur internet avec les bots qui tapaient dessus en permanence. Maintenant, Claude Code accède au VPS via Tailscale SSH, à travers un tunnel chiffré sans aucun port ouvert sur le réseau public. Je lance une session, Claude Code se connecte au serveur, diagnostique, corrige, déploie. Le tout sans jamais exposer ma machine. C’est un confort et une sécurité que je n’aurais pas imaginés il y a un an.

L’anecdote Teslamate

Pour la petite histoire, c’est peut-être l’exemple qui illustre le mieux ce changement de paradigme. Un jour, je demande à Claude Code de faire un inventaire de tout ce qui tourne sur ma machine virtuelle. Pas pour régler un problème, juste pour avoir une vue d’ensemble.

En faisant cet inventaire, il remarque que l’interface Teslamate ne répond plus correctement. Je n’avais même pas remarqué. En creusant, il identifie un bug de version de PostgreSQL : une mise à jour avait créé une incompatibilité qui faisait silencieusement planter l’interface. Il diagnostique le problème et le corrige dans la foulée.

Je ne cherchais pas de bug. Je ne savais même pas qu’il y en avait un. C’est ça le vrai changement : ce n’est plus juste un outil qui répond à des questions. C’est quelque chose qui observe et qui agit.

Il rend aussi ma maison plus intelligente

Au-delà du blog et du serveur, Claude m’aide aussi à créer des automatisations Home Assistant. Et là, c’est un vrai gain de temps. Toute la logique d’automatisation dans Home Assistant passe par du YAML : des fichiers de configuration où vous définissez les déclencheurs, les conditions, les actions. C’est puissant mais verbeux, et une erreur d’indentation ou un mauvais nom d’entité peut tout casser silencieusement.

Ce qui rend la chose encore plus efficace, c’est que Claude a un accès direct à mon Home Assistant via un connecteur MCP. Il peut voir mes entités, leurs états en temps réel, les appareils disponibles. Quand je lui demande une automatisation, il ne travaille pas à l’aveugle : il connaît les noms exacts de mes capteurs, de mes lampes, de mes thermostats. Le YAML qu’il génère est prêt à l’emploi, avec les bons entity_id, les bons services, les bonnes conditions.

De mon côté, je décris ce que je veux en langage naturel, par exemple « éteindre toutes les lumières quand plus personne n’est à la maison » ou « baisser le chauffage quand une fenêtre est ouverte depuis plus de 5 minutes ». Claude génère le YAML complet, je colle le bloc dans automations.yaml, je recharge. Ce qui me prenait une demi-heure de documentation et de debug se fait maintenant en deux minutes. De quoi automatiser des scénarios qu’on n’aurait jamais pris le temps de coder soi-même.

MISE À JOUR

Depuis la publication de cet article, Antoine Guilbert m’a signalé sur X qu’il était possible d’aller encore plus loin en connectant Home Assistant directement à Claude via un serveur MCP dédié. Mon ancien setup ne fonctionnait plus, j’en ai donc profité pour repartir de zéro et déployer un MCP Home Assistant sur mon VPS. Résultat : Claude crée les automatisations, les scènes et pilote ma domotique en direct, depuis n’importe quel appareil. Le YAML copié-collé à la main, c’est déjà du passé.

Claude pilotant Home Assistant via MCP

Mon workflow blog avec Claude et les MCPs

Aujourd’hui, une bonne partie de la gestion du blog passe par Claude. Les stats Umami sont analysées ici, les emails d’outreach vers les marques sont rédigés et envoyés depuis cette même conversation, les articles sont poussés directement en brouillon sur WordPress.

C’est possible grâce aux MCPs, les connecteurs qui permettent à Claude d’agir directement sur mes outils. WordPress, Gmail, Umami, n8n, Home Assistant, tout est connecté. Et Claude Code a lui-même développé le connecteur MCP custom qui fait le lien avec mon WordPress self-hosted. Ce connecteur n’existait pas : les MCP WordPress disponibles visent tous WordPress.com ou des hébergements classiques. Ici, il a fallu construire un bridge sur mesure pour mon instance Docker, avec authentification, gestion des posts, des catégories, des tags, des médias, et même des opérations SEO en bulk. Claude Code a codé tout ça, testé, déployé sur le serveur, et maintenant Claude l’utilise à chaque article.

En une seule journée par exemple, on peut analyser et nettoyer la base de données Umami pour supprimer les sessions bots, envoyer une vingtaine d’emails à des marques pour des demandes de tests produits, travailler sur deux articles, et diagnostiquer un problème de tracking. Tout ça sans changer d’interface, sans copier-coller entre dix outils différents. De quoi gérer un blog entier depuis une seule fenêtre de conversation.

J’ai d’ailleurs écrit sur CodexBar, un outil open source qui permet de monitorer sa consommation Claude Code au quotidien. Quand on pousse autant l’usage, savoir où en est son quota devient vite une question quotidienne.

Et Claude ne reste pas cantonné au navigateur. J’utilise aussi Cowork, l’outil desktop d’Anthropic, avec sa fonction dispatch. Le principe : je lance une tâche depuis mon iPhone, et elle s’exécute sur mon Mac mini en arrière-plan. Organiser les visites d’un voyage, comparer des logements selon des critères précis, compiler des informations pour un projet, le tout sans ouvrir le Mac. Je délègue depuis mon téléphone, je récupère le résultat quand c’est prêt. C’est ce genre de petit détail qui transforme un assistant en vrai bras droit.

La mémoire longue : le RAG

Il y a une couche supplémentaire que peu de gens ont dans leur setup, et qui change vraiment la qualité du travail : le RAG, pour Retrieval-Augmented Generation. Concrètement, ce sont des bases de données vectorielles hébergées sur mon serveur, connectées à Claude via des MCPs dédiés.

La première base contient l’ensemble de mes articles publiés. Et Claude ne se contente pas de vérifier si j’ai déjà couvert un sujet. Il s’en sert pour retrouver mon vocabulaire, mes formulations récurrentes, mon ton selon le pilier éditorial. Quand j’écris sur la domotique, le style n’est pas le même que quand je parle de fintech. Le RAG capte ces nuances. Il sert aussi à vérifier la cohérence de mes avis d’un article à l’autre, pour éviter de me contredire six mois plus tard. Et il retrouve les anciens articles pertinents pour insérer des liens internes dans les nouveaux. Tout ça se fait automatiquement à chaque rédaction, sans que j’aie besoin de le demander.

La deuxième base, c’est mes posts X. Environ 16 000 tweets indexés. Claude peut y chercher mes opinions passées, retrouver mon ton sur les réseaux sociaux, identifier les sujets qui me passionnent. Quand il génère un post X pour promouvoir un article, il ne part pas de zéro : il sait comment je m’exprime sur cette plateforme, quelles formulations je privilégie, quels sujets font réagir ma communauté.

Le résultat concret : les articles et les posts sonnent plus comme moi, les angles sont moins redondants, et je n’ai plus à rappeler à chaque session ce que j’ai déjà dit sur un sujet. La mémoire est là, dans les bases, consultée automatiquement.

C’est moi qui pilote, Claude exécute

Que les choses soient claires : Claude ne décide de rien. C’est moi qui teste les produits, qui passe des semaines avec un appareil avant d’en parler, qui vis les situations dont je fais le récit. Chaque avis dans un article, c’est le mien. Chaque ressenti, chaque comparaison, chaque « ça vaut le coup » ou « passez votre chemin », ça vient de mon expérience terrain.

Ce que fait Claude, c’est la mise en forme. Je lui donne mes notes, mes impressions brutes, mes retours d’usage, et il m’aide à structurer tout ça en article. Il connaît mon ton, ma façon de formuler les choses grâce au RAG, et il met en forme ce que je lui transmets. La direction éditoriale, le choix des sujets, les angles, les tests, tout ça c’est moi. Claude est un outil de production, pas un rédacteur en chef. C’est la même logique que quand j’utilise le UniFi Travel Router pour me simplifier la vie en déplacement : l’outil fait le boulot technique, moi je décide où aller.

Ce que ça change vraiment

Je gère ce blog seul, en parallèle d’une vie professionnelle et personnelle bien remplie. Sans ces outils, beaucoup de choses que je fais aujourd’hui ne seraient tout simplement pas faites, pas par manque de volonté mais par manque de temps et de bande passante.

Ce qui me frappe le plus, c’est la confiance qui s’est installée progressivement. On ne confie pas son infrastructure à un outil qu’on ne connaît pas. Ça s’est fait petit à petit, tâche après tâche, jusqu’à un point où je réalise que Claude gère des choses que je n’aurais jamais imaginé lui confier au début.

Tout ça tourne sur un abonnement Claude Max x5, le plan qui déplafonne l’usage de claude.ai, Claude Code et Cowork. Avec le volume que je consomme chaque semaine entre le code, l’infra, la rédaction, les mails et la domotique, le plan Pro classique ne tiendrait pas deux jours. C’est probablement l’abonnement le plus rentabilisé de tous mes outils.

Il y a des allers-retours, des corrections, des moments où je dois reprendre la main. Mais le rapport effort/résultat a complètement changé. Et je pense qu’on n’est qu’au début. Le jour où ces outils gagneront encore en autonomie et en mémoire persistante, le blogging solo prendra une toute autre dimension.

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